Willard

Publié le 28 Octobre 2012

Willard

WILLARD, Glen Morgan. 2003. Drame, Epouvante.

-

Quelle étrange film que ce Willard . Etrange , mais pour le moins réussi . Willard raconte donc l'histoire sinistre d'un homme solitaire , torturé , névrosé , souffre-douleur de sa mère et de ses collègues de travail , et de sa rencontre avec des amis pas comme les autres ... Amis vivant ni plus ni moins que dans la cave de sa maison , des rats . Une histoire singulière , adaptée d'un roman et remake d'une première adaptation sortie il y a une trentaine d'années . Dés les premières minutes , on constate une ambiance très spéciale , presque aussi glauque que la vieille maison délabrée du personnage principal . Un personnage principal hors du commun , rarement des personnalités torturées à l'image de ce Willard n'auront été aussi bien développées . En vérité , la totalité du film tourne autour de ce personnage , et le scénario se centre sur sa psychologie avant tout . Perturbé et complètement déséquilibré , Willard est peut-être aussi attachant qu'il n'est effrayant . Si ses côtés sombres rendent certaines scènes presque angoissantes , tous les malheurs que subit le jeune homme entraînent dés le début du film beaucoup de compassion , et même de peine , devant la morosité de certains passages . La performance de Crispin Glover est d'ailleurs impressionnante , il incarne le personnage avec une crédibilité et une conviction rare , qu'il s'agisse de ses regards , de ses postures , de ses attitudes , c'est un véritable sans-fautes , pour une prestation vraiment bluffante . La toute première scène nous permet de faire connaissance avec la première tortionnaire psychologique de Willard , à savoir sa mère , atteinte de sénilité et de démence , tout simplement effrayante .

-

" Vous êtes mes meilleurs amis. "

-

Et puis , il y a nos dizaines , et nos centaines de compagnons d'égouts ... Les rats . Avec à la tête de la compagnie , Socrate , le plus beau , le plus mignon , qui va devenir le meilleur ami et plus intime confident de notre cher Willard . Une vraie prouesse de dressage , le réalisateur n'ayant employé que de vrais animaux , du moins dans la plupart des passages , ce qui renforce encore davantage le réalisme et l'aspect choquant du film . S'en suit donc une vraie petite descente aux enfers psychologique pour notre personnage principal , qui vas grâce à ses rats , prendre de plus en plus de puissance , faire de plus en plus de dégâts , jusqu'à pouvoir enfin se venger et se libérer de toute sa haine contenue pendant des années . D'un homme timide et craintif , la psychopathie prends petit à petit le dessus , et la dernière partie du film réserve bien des surprises . Toutefois l'aspect plus émotionnel n'est pas pour autant mis de côté , certaines scènes sont même difficilement supportables pour tout ceux qui auraient tendance à devenir quelques peu hypersensibles lorsque des animaux entrent en scène ... Inutile d'en dire davantage . Willard est donc un film de genre très peu commun , qui parvient à faire littéralement froid dans le dos sans user d'effets spéciaux , de musique à outrance , et de tout ce dont beaucoup de films d'horreur usent et abusent habituellement . Une ambiance glauque et macabre à souhait , une interprétation parfaite , une psychologie poussée à son paroxysme et une technique irréprochable suffisent largement à ce surprenant Willard à sûrement devenir une référence du genre .

♥♥♥♥

 

Rédigé par Seventh Sense

Publié dans #Critiques

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article