Black Water
Publié le 29 Octobre 2012
BLACK WATER, Andrew Traucki & David Nerlich. 2007. Epouvante.
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Au pays du cinéma de genre minimaliste , ce sont les thrillers d'isolement qui ont le vent en poupe depuis déjà quelques années . Et lorsque l'on mêle savamment cet aspect d'isolation avec le genre déjà vu , vu et revu du film de crocodile tueur , on obtient Black Water , un film d'horreur presque aussi simpliste que remarquable . Pourtant , les films de crocodiles et autres prédateurs mangeurs d'homme , on en a vu pas mal . De toutes sortes , de toutes formes , et surtout , de qualités très aléatoires . Si la majorité se réduisent le plus souvent au statut de joli nanar , certains ont su sortir du lot , comme ce fut le cas pour Solitaire sorti quelques mois après celui-ci , ou encore Lake Placid premier du nom , qui arrivait également à s'en sortir avec les honneurs . Et puis , il y a Black Water . Une sortie assez discrète , sans avoir la chance de passer par la case cinéma . Mais on le sait tous , il s'agit souvent des plus méritants qui échappent aux meilleures opportunités . C'est donc en simple dvd que le public a pu découvrir le métrage , qui mérite largement que l'on se penche sur son cas . La mention " inspirée de faits réels " avait de quoi faire peur , le slogan étant de moins en moins respecté , et devenant de plus en plus un vulgaire argument commercial . Mais cette fois , le film ne repose pas sur cette mention , loin de là . Et pour cause , ce dernier mise sur l'ingrédient qui fait mouche , trop souvent absent dans la plupart des films d'attaques animales : le réalisme . Oublié les crocodiles mutants de vingt mètres de longs , oublié les effets numériques dignes des pires jeux vidéos , et autres extraordinaires scénarios pas le moins du monde crédibles , le ou plutôt les réalisateurs ont cette fois préféré oeuvrer au beau milieu d'un marécage australien , en compagnie d'une créature visiblement bien réelle dans la majorité des plans .
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" Il est toujours là ? "
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On se retrouve donc auprès de trois personnages somme toute assez banals , le film ne tombe pas de ce côté là non plus dans le cliché habituel des séries B de ce genre , et met en scène des individus tout droit sortis de la vie de tous les jours , profitant simplement des excursions aquatiques de leurs vacances tropicales . Et lorsque ces derniers tranquillement installé sur leur bateau subissent la première attaque de l'animal , ils se retrouvent seuls , sans guide et sans embarcation pour regagner la terre ferme ; et avec pour seul abris les arbres entourés d'eau surplombant le marais . Une sorte de huis-clos en plein air , en quelques sortes . On s'attache assez rapidement à chacun de nos trois protagonistes , malgré les tensions et autres discordes qui demeurent depuis le début du film et ont tendance à scinder le trio , mais leurs réactions sont humaines et réfléchies pour la plupart , encore une fois loin des stéréotypes auxquels l'on aurait pu s'attendre . Malgré un cadre très restreint et une palette d'actions assez réduite pour les trois pauvres proies du prédateur , il devient vite impossible de lâcher l'écran des yeux . Le suspense est présent , autant lorsque la bête est visible que lorsqu'elle ne l'est pas , et ses apparitions furtives , imprévisibles et très réussies , font parfaitement bien monter l'adrénaline . L'identification totale aux personnages aide également à la mise en place de cette inquiétude grandissante , le stress qu'ils éprouvent est plutôt contagieux , et l'expérience s'avère pour le moins éprouvante , dans la dernière demi-heure notamment . Black Water est donc une surprise de taille , une réussite rare au milieu de tant de films d'animaux tueurs ratés et décevants . Porté par une excellente et très juste interprétation , une musique prenante , et une tension maintenue jusqu'à la dernière minute , il s'agit ni plus ni moins que d'une des meilleures productions dans les films de ce thème . Simpliste , mais efficace et très réussi .
♥♥♥♥♥
